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Chaîne d’approvisionnement : comment gérer le risque

Externalisation et délocalisation, gestion des stocks en flux tendu… Les inondations en Thaïlande et le tsunami au Japon ont mis en lumière le danger induit par ces stratégies qui multiplient et disséminent les fournisseurs sur l’ensemble de la planète. En étirant au maximum la chaîne d’approvisionnement, l’appréhension du risque se dilue pour les dirigeants d’entreprise. Dans quelles conditions ? Quel impact en cas de rupture d’un des maillons de cette chaîne ? Comment la protéger ? Explications.

 

 

Plus la chaîne d’approvisionnement s’étend, plus les risques évoluent et s’intensifient

Entrer dans une économie mondialisée implique, pour les entreprises, une dépendance accrue à des fournisseurs et à des systèmes d’approvisionnement extérieurs.
Très souvent hors de leur périmètre géographique, les sous-traitants sont disséminés sur l’ensemble de la planète. De quoi former un réseau complexe dont il est difficile de connaître les différents niveaux d’implication. « Les sous-traitants font à leur tour appel à d’autres sous-traitants », précise Loïc Le Dréau, Directeur de souscription et clientèle pour l’Europe du Sud chez FM Global.

Cette démultiplication des fournisseurs entraîne :

  • une extension de la chaîne d’approvisionnement. Or, plus ces chaînes sont longues et complexes, plus il devient difficile d’appréhender et de prévenir les risques d’incident.
  • une délocalisation de la chaîne d’approvisionnement. Or, produire à l’étranger peut impliquer des risques supplémentaires. D’autant que de nombreuses entreprises ont choisi de sous-traiter leur production dans des zones émergentes d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord ou d’Amérique Latine. Des marchés où les standards de prévention sont souvent plus faibles que ceux pratiqués en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord. Ces zones sont davantage exposées aux risques (instabilité politique, perturbations des transports, fluctuations monétaires, etc.) et soumises à des catastrophes naturelles sans commune mesure avec les événements que l’on peut connaître sous nos latitudes (ouragans, tremblements de terre, inondations, etc.).

 

Des répercussions en cascade

« L’impact potentiel de ces risques sur la production des fournisseurs peut alors se répercuter sur l’activité globale des entreprises », explique Thierry Masurel, Directeur général de l’opération Europe du Sud. L’année 2011 a été malheureusement riche en exemples. De nombreuses entreprises ont fait l’amère expérience du “maillon faible” dans la chaîne d’approvisionnement à la suite du tremblement de terre et du tsunami au Japon, malgré le haut niveau technologique du pays en matière de construction. Le groupe PSA en fait partie : il a suffi qu’une seule pièce soit en rupture d’approvisionnement au Japon — les débitmètres d’air, pièce électronique complexe destinée à ses moteurs diesel —, pour bloquer la fabrication de plusieurs modèles de voiture. C’est l’effet domino : l’interruption temporaire de l’activité de l’usine Hitachi, touchée par le tremblement de terre, a réduit de 25 % la production de trois sites d’assemblage de véhicules (Sochaux, Mulhouse et Sevelnord), et de 50 à 60 % celle des usines de Poissy et Aulnay, Vigo et Madrid (Espagne) et Trnava (Slovaquie).

Une catastrophe naturelle de cette ampleur en Chine aurait un impact inédit sur les chaînes d’approvisionnement et donc sur l’économie mondiale. En effet, selon une étude (en anglais) menée par FM Global en 2011, 86 % des entreprises interrogées dépendent de la Chine pour l’approvisionnement de leurs lignes de production clés. Or, cette dernière est exposée à un risque très élevé en termes de catastrophes naturelles (séismes, tsunamis, inondations, etc.) et elle n’a appliqué que partiellement la plupart des pratiques de gestion des risques en vigueur en Europe et aux Etats-Unis…

 

Des risques sous-évalués par les entreprises

Alors que les actions des sociétés ayant subi des ruptures de chaîne d’approvisionnement connaissent en moyenne une baisse de 40 % de leur valeur boursière (en anglais), la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement continue d’être sous-estimée.

Pour 9 entreprises sur 10, le facteur “risque” n’est pas déterminant au moment de choisir leurs prestataires externes. J. Paul Dittman a en effet démontré, dans The new supply chain agenda : the five steps that drive real value, que le coût reste le critère principal de sélection. Les entreprises optent souvent pour le fournisseur le moins onéreux, sans suffisamment prendre en compte la localisation des sites d’assemblage, et la propre chaîne d’approvisionnement du fournisseur.

Ce manque de vision globale, associé à une méconnaissance du risque lié aux catastrophes naturelles, constitue le talon d’Achille de nombreuses entreprises.

 

Des solutions pour limiter l’impact…

Face à cet état de fait, il est néanmoins possible de réagir efficacement. Comment ? En conciliant exigences de compétitivité et maîtrise des risques dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement, à savoir :

  • Identifier et contrôler régulièrement l’ensemble des fournisseurs

« Pour isoler les points névralgiques, il faut tout d’abord identifier l’ensemble de ses fournisseurs, les uns après les autres », explique Loïc Le Dréau. Puis détecter les sites de production dont la disparition ou le blocage temporaire peut mettre en danger la stratégie et l’avenir de son entreprise, en évaluant précisément les impacts au niveau des bénéfices (voir encadré). En effet, Peter Solloway, directeur du développement commercial pour l’Europe Continentale chez FM Global insiste, dans une interview accordée au magazine Décideurs, sur le fait qu’« il est essentiel de s’assurer de l’existence d’un plan de continuité, dûment testé et alimenté par des réflexions internes sur le renforcement des dispositifs ».
Il s’agit ensuite de réaliser des visites sur place afin de mener une étude complète des risques. Mes fournisseurs sont-ils exposés au risque de catastrophes naturelles ? Ont-ils mis en place des plans de prévention ? Leurs installations sont-elles protégées ? « Il y aura toujours des ouragans de catégorie 5, des tremblements de terre, des tsunamis, des inondations. L’organisation doit donc être faite en conséquence », analyse Thierry Masurel.

  • Etablir des programmes de réduction du risque sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement

Une fois les risques isolés et quantifiés, il s’agit d’établir un plan de prévention et d’amélioration des protections pour toute la chaîne d’approvisionnement. « Il peut s’agir par exemple de l’installation d’un système de sprinklers, afin de protéger le dépôt d’un fournisseur stratégique d’un risque d’incendie », indique Loïc Le Dréau. Cela peut aussi passer par la recommandation d’un fournisseur alternatif, voire par la reconstruction d’un site parfaitement sécurisé.

  • Mondialiser les approvisionnements

Démultiplier les sites de production permet de  sécuriser l’approvisionnement d’éléments vitaux. C’est la stratégie adoptée par l’équipementier automobile TRW qui a choisi, en 2006, d’implanter sa production simultanément en Chine, en Amérique du Sud et en Europe de l’Est. Du fait de la criticité des éléments produits, la société a veillé à ce que deux sites de production soient en permanence opérationnels pour créer les produits essentiels à sa production.

  • Protéger la chaîne d’approvisionnement avec des solutions d’assurance

Dernier rempart lorsque l’incident n’a pu être évité, il s’agit de vérifier que la couverture d’assurance peut prendre en charge les conséquences des sinistres subis par les sous-traitants, tant directs qu’indirects. Sous l’impulsion de ses clients, membres de son comité de direction, FM Global propose cette garantie spécifique, appelée “carences externes”. Elle ne tient absolument pas compte du rang du fournisseur et couvre ce dernier ainsi que le client.

 

… à associer à une réelle prise de conscience dans l’entreprise

Pour être efficaces, ces solutions doivent être connues et soutenues par tous les départements de l’entreprise qui participent à l’élaboration et à la gestion de la chaîne d’approvisionnement. De la logistique à la direction financière, en passant par le service achats et le département de gestion des risques.

Ce principe est d’ailleurs de plus en plus intégré par les dirigeants. En effet, 55 % des risk managers affirmaient, en 2011, avoir parmi leurs missions la gestion globale des risques, contre 30 % en 2009 . De fait, ils bénéficient d’une place de plus en plus importante dans la gouvernance de l’entreprise et leurs prérogatives sont mieux associées aux préoccupations de leur direction générale. Avec ces nouvelles responsabilités, les risk managers sont donc les mieux placés dans l’entreprise pour mettre en place des solutions de réduction des risques sur la chaîne d’approvisionnement.

Une gestion des risques proactive qui a un coût mais qui peut se révéler vitale en cas de sinistre. C’est un gage de sécurité pour toute entreprise qui souhaite préserver la continuité de ses activités et de ses revenus, mais aussi protéger son image de marque et renforcer la confiance de ses clients.

FM Global : le service Business Risk Consulting pour protéger la continuité des activités 

Face aux risques associés à une interruption de la chaîne de production, la gestion de la continuité des activités est une démarche à laquelle les entreprises adhèrent de plus en plus en faisant appel à une expertise externe. Sous l’impulsion de ses sociétaires, FM Global a ainsi développé le service BRC (Business Risk Consulting) pour accompagner les entreprises assurées dans la mise en place de plans de continuité des activités ciblés et adaptés à leurs risques. Les études de l’équipe BRC, appelées BIA (Bilans d’Impact sur l’Activité), permettent notamment aux entreprises d’identifier ses processus vitaux, de chiffrer financièrement les conséquences que l’interruption d’un processus pourrait avoir sur ses revenus, son image de marque et ses parts de marché. Appliquée à la chaîne d’approvisionnent, ces bilans permettent d’identifier les fournisseurs les plus critiques et les expositions financières associées. Pour, in fine,  déterminer les solutions de mitigation les plus adaptées.

Pour aller plus loin : téléchargez les études « Le nouveau défi de la chaîne logistique : Gérer le risque dans une économie mondiale » et « Supply Chain study risk » (en anglais)

Video : FM Global – Prévoir les risques liés à la chaîne d’approvisionnement

 

FM Global est le spécialiste mondial de la prévention, la gestion et l'assurance des risques industriels. Un seul but: garantir aux entreprises la continuité de leurs activités partout dans le monde.

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